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111 METRES PLUS BAS....... |
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Le lundi 13 août 2001. Ce matin, je me suis réveillé comme les autres jours. Je ne voulais surtout pas penser à ce que j’allais faire dans quelques heures. Je voulais être totalement lucide et être « libre » quand je prendrai mon envol. Toute la matinée a été consacrée à mon « bungy ». Mon premier saut en Nouvelle-Zélande, je l’avais fait en toute décontraction. Celui-ci, je voulais en vivre les moindres instants. Je n’ai pas mangé durant le déjeuner. Je n’en avais pas envie. J’étais nerveux. Le moment de vérité allait venir. Vers 15h, je me suis présenté à la frontière zambienne. J’ai rempli un simple document signalant que je franchissais ce point administratif uniquement pour effectuer mon « saut » et que dans une ou deux heures maximales, je serai de retour de l’autre côté. J’ai mis une dizaine de minutes pour arriver jusqu’au fameux pont délimitant la véritable frontière entre les deux pays. Elle était noire de monde. Des gens par centaines étaient là. Assis sur les trottoirs. Circulant sur la route, indifférents aux quelques voitures et taxis qui klaxonnaient pour attirer leur attention. La plupart venaient du supermarché de Victoria Falls distant de plusieurs kilomètres. Ils regagnaient péniblement sous une chaleur accablante leurs domiciles qui se trouvaient, je ne sais trop où dans la brousse.
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![]() La « promenade » du pont menant au saut était longue. Je me sentais comme un condamné « homme mort marchant vers son destin». Pendant quelques minutes, je me suis tenu là sur ce pont. Je n’osais pas regarder les 111 mètres qui me séparaient du bas. Je dois reconnaître que j’avais la bouche sèche. Une fois encore et comme en Nouvelle-Zélande, si le saut avait été gratuit, je ne l’aurais pas fait. Mais voilà, payer 95 USD pour regarder le « vide » et partir, n’est pas trop mon genre. En attendant que mon tour vienne, j’ai traversé la voie ferrée. J’ai allumé une cigarette et j’ai regardé le paysage magnifique qui s’offrait à moi. Au loin, une partie des chutes, splendides vues d’ici. En bas coule le Zambèze. Durant cette attente, j’ai pu voir des rafteurs descendant les « rapides. Demain, si mon cœur tient, je serais à leur place. Un jeune noir tournait autour de moi en essayant de me vendre un hippo en bois. Mais réellement je ne le voyais pas. Je ne l’entendais pas. Maintenant, j’étais déjà à mon « saut ». Je voulais être plus vieux de quelques minutes et que tout cela soit fini. |
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Tandis qu’une personne s’occupait de m’équiper, une autre de me prodiguer les consignes. Je m’attendais à un discours beaucoup plus long de sa part. A vrai dire, j’aurais souhaité qu’il ne finisse jamais. Après quelques minutes, il m’a demandé de me lever. De tourner vers la gauche. De franchir la barrière. Soudain le pont a semblé trop haut...............
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Je me tenais accroché. Je ne voulais pas lâcher cette rambarde. Et puis, faut y aller…………… Le saut est, certes, très rapide, mais la chute est assez longue pour réaliser ce que l’on est en train de faire. Va-t-elle tenir ou pas cette corde ? Et mon cœur va-t-il lui aussi tenir ? Faire un saut à l’élastique est une poussée d’adrénaline extraordinaire mais aussi un plaisir immense de réaliser ce qui n’est pas permis à tout le monde surtout dans ce décor gigantesque. Avant de toucher l’eau, je n’étais qu’à quelques centimètres, j’ai rebondi et ai donné de grands pouces vers les gens d’en haut. Pendant quelques secondes, j’étais un yo-yo. |
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| De retour à mon point de départ, je me suis assis à même le sol. J’avais encore le cœur qui battait très vite. Mes jambes arrivaient à peine à me porter. J’avais besoin de quelques minutes de repos. J’allumais une cigarette et essayais de me concentrer sur la personne qui se préparait à faire, elle aussi le grand saut. Et puis, j’ai refranchi le pont dans le sens inverse. Il y avait encore et encore plus de monde sur la route me ramenant à Victoria Falls. J’étais l’un des rares blancs dans cette marée humaine. Je me sentais mal. Un peu honteux d’avoir dépensé autant d’argent pour réaliser juste « mon petit plaisir » alors qu’eux tentaient juste de vivre avec quelques pièces dans leurs poches. |
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