MATOBO NATIONAL PARK
Vers 07 h ce matin, j’ai quitté le petit village de Troutbeck. J'ai laissé derrière moi, ses splendides paysages aussi reposant qu'ennuyeux ainsi que mon Lodge où j'avais habité durant plusieurs jours.
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J'ai pris la route en direction de Bulawayo. Mes dernières journées dans ce pays seront consacrées à visiter le parc de Matobo.
J’avale les 700 Km séparant ces deux endroits en quelques heures. Les routes au Zimbabwe ne sont plus entretenues, mais si vous n’avez pas peur des trous, vous pouvez conserver une moyenne assez importante. De temps en temps, vous êtes obligés de vous arrêter. Contrôle vétérinaire…… Contrôle policier. C’est marrant cela. Quel que soit le pays où vous êtes, le fait de porter un uniforme vous octroie « le pouvoir ». Il faut faire avec. Garder le sourire et son calme durant ces arrêts...... et surtout ne pas être démuni de quelques cigarettes..... américaines de préférence.
Vers 15 h, j’arrive à Bulawayo.
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Je m’arrête au Departement of National Parks and Wildlife Management afin de payer le Lodge que j’ai réservé dans le parc. Celui ci est situé près du lac de Maleme. C’est à cet endroit que sont situés les bureaux du parc. Selon mon guide, « c’est l’endroit le plus animé du parc ». Maintenant, je sais que l’auteur de cette phrase n’a jamais mis les pieds ici. Car d’animation, il n’y a rien. Après une brève discussion avec le ranger, j’ai pris possession de mon lodge. En le voyant, j’ai compris pourquoi j’avais payé aussi peu (750 ZWD par journée). Quelle différence avec le Lodge où j’habitais à Troutbeck. Ici aucun confort. Tout était simple. Les moustiques sont monstrueux et assoiffés de sang. La petite cuisine est infectée de cafards et chaque fois que l'on ouvre un robinet, miracle de la technologie africaine, l'eau coule partout sauf là où vous l'attendez.
Cette première nuit dans ce parc fut assez péniblement. Pensant trouver ce qu’il me fallait pour me nourrir, je n’avais fait aucun achat à Bulawayo durant mon arrêt. Mal m’en pris. Ici, il n’y a rien. J’ai dû me contenter de quelques carrés de chocolat trouvés au fond d’une poche, de quelques chips aussi vieilles que la construction de mon Lodge et d’un vin acheté la veille.

Le parc de Matobo est comme les autres parcs de ce pays. N’attendez aucune information des rangers vivants sur place. Ne vous attendez pas à avoir la moindre carte. Ici comme ailleurs, il faut se débrouille par ses seuls moyens. La route circulaire est, certes, goudronnée mais il faut en sortir pour espérer apercevoir le moindre animal. Et là, c’est la piste. Votre voiture (qui n'est pas un 4x4 dans mon cas) crie pitié. Quelle différence avec les parcs sud-africains ! ! ! !
On ne peut avoir aucun plaisir à visiter des parcs dans de telles conditions. Les pistes sont faites de pierres, de sable, de passages d’eau, où vous êtes obligés à chaque fois de descendre de voiture pour en vérifier la profondeur. Certes, je n’ai rencontré aucun problème matériel, mais que de précautions prises.
C’est dommage. Le parc de Matobo offre un spectacle assez impressionnant. Ces formations granitiques semblent avoir constitué le jeu de cubes d’une très jeune divinité qui les auraient empilés en autant de châteaux précaires et de villes imaginaires, puis les auraient peuplés de personnages humains à visage de pierres, femmes en robes bouffantes, hommes au travail et enfants regardant ou suivant les adultes.
C’est un site dégageant l’une des plus puissantes énergies du monde.
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En empruntant le chemin de terre qui me conduisait à Mpopoma Dam, j’ai pu observer des rhinocéros. Ils semblaient aussi amorphes que moi. Ecrasés par la chaleur. Plus loin, la vue des hippopotames m’a quelque peu rafraîchi. J’aurais bien voulu me jeter dans l’eau pour les voir de plus près. Je ne l’ai pas fait. Peur de ces animaux si gentils vus de loin ou bien peur que les eaux soient infectées de bilharziose.
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La vue de ces animaux dans leurs milieux naturels m’a complètement fait oublier le mal que j’avais eu pour y accéder.

Contrairement au parc de Hangwe, il n’y a aucun éléphant. Cela manque un peu. Je suis toujours autant fasciné par ces "montres".
Mais aujourd’hui devait être mon jour de chance. Alors que je faisais la route inverse. Roulant à la vitesse maximale sur ce chemin (10 Km heure), j’ai pu voir ceci………….
Tout d'un coup la fatigue accumulée durant la journée s'est évaporée. Le spectacle était trop beau. J'avais rêvé de cela depuis mon départ. Au fond de moi, j'avais fait autant de kilomètres sur ses pistes pour cela. Aujourd'hui, je suis comblé. C'était réellement mon jour de chance. Ces animaux même assez nombreux dans ce parc, sont très rares à apercevoir surtout d'aussi près.
C'est un immense plaisir ! ! ! ! ! ! !
Voila, aujourd'hui le voyage est fini. J'écris ces quelques lignes de France. Que me restera-t-il dans quelques semaines, dans quelques mois ? Quel souvenir en garderai-je ? Comme j'ai écris sur mes cartes postales envoyées à mes proches : On n'aime ou l'on n'aime pas l'Afrique. Moi, j'aime. Avec ses défauts mais avec tout ce qu'elle peut m'apprendre sur la vie et sur ce que je dois être et faire".