A 200 km d'Auckland se trouve Rotorua. Ville construite autour d'un lac volcanique. Elle est devenue depuis quelques temps la capitale du tourisme de l'île du nord.

 

Les Maoris furent les premiers immigrants dans les îles de Nouvelle-Zélande aux environs du X° siècle, colonisant ainsi l’une des dernières grandes zones encore vierges. Cette vague d’immigration des populations polynésiennes partit de l’Asie du Sud-Est vers les îles Fidji et Tonga pour atteindre plus tard les îles polynésiennes les plus orientales, les archipels Cook et de la Société.

Dès 1300, de nombreuses communautés s’étaient installées, mais on ignore si elles résultèrent de vagues d’immigration successives ou d’une dispersion des premiers arrivés. Les Maoris cultivaient la terre ; ils apportèrent des chiens et des rats et, peut-être, d’autres animaux qui n’ont pas survécu. Le développement de la culture maorie résulta principalement de l’interaction de ce peuple avec leur nouvel environnement. En Nouvelle-Zélande, ils trouvèrent d’abondantes sources de nourriture, un climat et une végétation plus variés que n’en avaient connu leurs ancêtres polynésiens. Les arbres, plus grands, peur permirent de disposer de davantage de bois et de se construire, par conséquent, des embarcations plus volumineuses. La sculpture sur bois devint bientôt une partie intégrante de leur culture.

L’organisation sociale des Maoris était très complexe. La famille au sens large du terme (whanau) et la sous-tribu (hapu) formaient le noyau de leur système de loyauté basé sur les liens du sang. D’autres liens se constituaient souvent autour de la waka –les descendants de ceux qui avaient immigré sur le même bateau. Les tribus coopéraient entre elles quelquefois, mais les rivalités pour le contrôle des terre situées autour des différents villages (kainga) entraînaient souvent des guerres et motivèrent l’édification de villages fortifiés (pa).

Les récits des Maoris évoquaient des histoires de conquête et d’alliances, de terres gagnées ou perdues par leurs ancêtres, et vantaient par dessus tout l’honneur, le prestige et l’autorité ainsi acquis. C’était une civilisation en mouvement, composée d’un groupe de communautés indépendantes perpétuellement en guerre.

Les premiers contacts avec les européens eurent lieu lorsque l’explorateur hollandais, Abel Tasman (1603-1659) repéra la côte occidentale de la Nouvelle-Zélande en 1642. La première rencontre furent meurtrière ; plusieurs membres de l’équipage ne regagnèrent jamais le bateau. Lorsque James Cook (1728-1779) débarqua à son tour en Nouvelle-Zélande, en octobre 1769, la civilisation maorie était florissante ; 250 000 Maoris vivaient en petites communautés disséminées dans les îles.

Au départ, pour les Européens, la Nouvelle-Zélande n’était qu’une base pour la pêche à la baleine mais, au XIX siècle, la cadence accrue de la colonisation finit par causer de sérieuses menaces aux Maoris. Les nouveaux émigrants apportèrent en effet avec eux des maladie qui réduisirent la population indigène de moitié. La venue du christianisme provoqua aussi des changements irrévocables.

Toutefois, les plus graves affrontements eurent lieu à propos des terres qui faisaient vivre les Maoris. Ils parurent tout d’abord contents de vendre leur terre aux nouveaux arrivants. Seulement,, lorsque différentes tribus se disputaient la propriété d’une terre, les Maoris voyaient cette vente non plus comme un titre conféré à l’acheteur, mais comme une confirmation de l’autorité du vendeur. De surcroît, les Maoris n’imaginaient pas que les Européens exigeraient un usage exclusif des terrains qu’ils cédaient.

Le traité de Waitangi, signé en 1840, tentait de résoudre ce problème agraire et de renforcer en ce faisant la souveraineté britannique. Ce document offrait une protection et des garanties légales aux droits territoriaux des Maoris, en échange de quoi ils devaient accepter l’autorité de la Couronne Britannique. Malheureusement, la pression des colons désirant acquérir des terres déclencha une série de conflits, la guerre des Terres qui se prolongea trente ans.

Cette guerre des Terres renforça, dans une certaine mesure, l’unité des tribus maories, qui se soumirent pendant une brève période à un seul roi, Te Wherowhero, devenu Potatau Ier en 1858. Malgré cela, la permanence des rivalités et des querelles tribales empêcha la résistance maorie de s’organiser, et les Britanniques furent en mesure de dominer ces tribus sans grande difficultés.

Au cours du XX° siècle, les Maoris sont devenus citadins. En 1945, 80 % de la population maorie vivaient encore en zones rurales, alors que, aujourd’hui, cette proportion est réduite à 10 % à peine. Beaucoup s’inquiètent des effets de cette urbanisation rapide et de la perte d’identité qui en découle, ressentie par un grand nombre de Maoris, notamment parmi les jeunes.

Depuis quelques années, les Néo-Zélandais se flattent des excellentes relations existant entre les Maoris et la population blanche. Des études précises ont cependant montré que les Maoris occupent au sein de la société une position nettement désavantagée. Le gouvernement vota alors le Race Relation Act, introduisant des études maoris dans le cursus scolaire et instituant le tribunal Waitangi, chargé d’examiner les griefs soulevés par les Maoris à l’encontre du traité de Waitangi.